Les Européens vivent de plus en plus vieux et les Français un peu plus que leurs voisins. Bémol toutefois : l’espérance de vie en bonne santé stagne.
Enfin une bonne nouvelle. La récession ne frappe pas l’espérance de vie des Européens. Selon une étude publiée, mercredi, par l’Institut national des études démographiques (Ined), entre 2005 et 2010, elle a augmenté de 1,3  an pour les hommes, et de 1,2  an pour les femmes, dans les 27  pays de l’Union européenne.
Dans ce palmarès du grand âge, la France reste sur le podium : 19,3 ans de vie après 65 ans pour les hommes, et 23,8 ans pour les femmes.
Médecine efficace
Ces années gagnées, le sont-elles en bonne santé ? Sans limitation d’activités, sans handicap, sans dépendance ? Les statistiques révèlent une stagnation du nombre d’années en bonne santé. Avec des écarts très importants entre pays européens.
En Suède, à 65 ans, les femmes vivent en moyenne quinze années supplémentaires en bonne santé. Pour les Françaises, c’est dix ans, les Espagnoles neuf ans, alors que celles-ci sont les championnes de l’espérance de vie. Les Danoises, qui ont une espérance de vie inférieure de quatre ans aux Françaises mais, par contre, vivent trois ans de plus en forme.
Comment expliquer ces écarts ? Selon Jean-Marie Robine, l’un des auteurs de l’étude, ils sont « probablement dus au fait que les pays nordiques privilégient l’autonomie et favorisent plus l’indépendance des individus, alors que les pays du Sud réussissent à faire vivre leur population plus longtemps avec des incapacités ou des maladies chroniques ».
Ce n’est pas le cas de la Slovaquie, de l’Estonie ou de la Lituanie qui présentent les espérances de vie en bonne santé les plus basses.
À ces différences encore mal étudiées, se surajoute la perception individuelle de la santé. Les médecins ont pu vous détecter une maladie chronique, mais vous vous sentez toujours aussi vaillants. Ni diminué, ni limité en quoi que ce soit.
C’est l’une des bonnes nouvelles de cette étude : le nombre d’années de vie où les gens se perçoivent en bonne santé augmente d’une année et demi environ. « Cela signifie une bonne prise en charge de leurs maladies, malgré la crise », note l’Ined. Autrement dit, la médecine reste efficace.
Bernard LE SOLLEU.