La première guerre mondiale en 19
dates-clés
Les
commémorations du centenaire de 1914-1918 débutent cette année. Francetv info
rafraîchit votre mémoire sur le déroulement de la Grande Guerre.
Près
de dix millions de morts dans le monde et un déluge de feu sans précédent. La
première guerre mondiale (1914-1918) a bientôt 100 ans. La France
commémore, dès le 11 novembre 2013, le centenaire de ce conflit sanglant qui a
coûté la vie à près d'un million et demi de Français.
A la veille de la guerre, les grandes puissances
européennes sont soudées par des alliances dans deux "camps"
principaux : d'un côté, la Triple-Entente (France, Royaume-Uni, Russie) et
de l'autre, la Triple-Alliance, ou Triplice (empire allemand, empire
austro-hongrois et Italie).
Voici, en
19 dates-clés, les principales étapes de cette guerre, la plus meurtrière de
l'histoire de France.
Dans
un souci de lisibilité, nous avons concentré cet article sur le front
ouest-européen, où les pertes humaines et les dégâts matériels furent les plus
importants.
28 juin
1914 : assassinat de l'archiduc François-Ferdinand
Le
prince héritier de l'empire austro-hongrois est victime d'un attentat à
Sarajevo (actuelle Bosnie-Herzégovine) perpétré par un étudiant nationaliste
serbe. Après avoir lancé un bref ultimatum, l'Autriche-Hongrie déclare la
guerre à la Serbie le 28 juillet. Le jeu des alliances conduira à un
embrasement progressif en Europe.
31 juillet
1914 : assassinat de Jean Jaurès
Le
tribun socialiste, qui se démène pour empêcher l'éclatement d'une guerre, est
tué par balles, à Paris, par Raoul Villain, un étudiant nationaliste. Sa
mort signe le ralliement d'une partie de la gauche pacifiste à "l'Union
sacrée", mouvement d'union des forces politiques de tous bords,
contraintes à faire bloc devant la menace d'un conflit armé et à se préparer à
la guerre. Le 1er août, la mobilisation générale est décrétée.
3 août
1914 : l'Allemagne déclare la guerre à la France
Deux
jours après avoir déclaré la guerre à la Russie, l'Allemagne déclare la guerre
à la France. Le 4 août, la Grande-Bretagne entre en guerre aux côtés de la
France et de la Russie en réaction à l'invasion de la Belgique par l'armée
allemande.
22 août
1914 : le jour le plus meurtrier de l'histoire de France
La
France perdra un peu plus de 1,3 million de soldats au cours de la Grande
"Guerre", un terme qui se développe dès 1915 au regard de l'ampleur
des combats. Le 22 août, 27 000 Français sont tués, un
total de pertes sans précédent dans notre histoire, selon le récent
ouvrage de Jean-Michel Steg, Le Jour le plus meurtrier de l'histoire de France.
Les forces franco-britanniques perdent du terrain. Le 2 septembre, le
gouvernement quitte Paris pour Bordeaux : les Allemands sont à Senlis
(Oise), à 45 km
de la capitale.
6-11
septembre 1914 : première bataille de la Marne
La
première bataille de la Marne permet à la France et au Royaume-Uni d'arrêter la
progression des Allemands. C'est à cette occasion que près de 630 taxis
parisiens sont réquisitionnés par le général Gallieni, afin d'accélérer le
transport des troupes. Une mesure essentiellement symbolique, mais qui témoigne
de l'urgence de la situation.
Le 11 septembre, le général Joffre envoie un
télégramme au gouvernement : "La bataille de la Marne s'achève en une
victoire incontestable." Le front se déplace finalement pour
atteindre les côtes de la Manche (épisode de "la course à la mer"),
en novembre. A partir de là, le conflit
s'enlise dans une guerre de position s'étirant de la mer du Nord à la frontière
suisse. Le gouvernement français revient à Paris le 10 décembre. Les tranchées
sont durablement creusées.
22 avril
1915 : première utilisation d'un gaz toxique
Les
Allemands lancent la première attaque aux gaz toxiques asphyxiants contre des
soldats français et canadiens, près d'Ypres (Belgique). Le gaz prend alors le
surnom d'ypérite, ultérieurement appelé "gaz moutarde" en raison de
son odeur et des effets qu'il produit sur les muqueuses.
7 mai 1915
: le paquebot Lusitania est torpillé par les Allemands
Un sous-marin allemand coule le paquebot
britannique Lusitania le 7 mai 1915, au large de l'Irlande. Sur les quelque 2 000 personnes à bord,
1 200 périssent, dont plus de 120 Américains. Les Etats-Unis attendront
néanmoins le mois de janvier 1917 pour entrer en guerre aux côtés de la
Triple-Entente.
23 mai
1915 : l'Italie déclare la guerre à l'Autriche-Hongrie
Jusque-là
membre neutre de la Triple-Alliance, l'Italie fait volte-face et déclare la
guerre à l'Autriche-Hongrie, le 23 mai. C'est le début de la guerre dans
les Alpes, qui doit notamment permettre aux Italiens de mettre la main sur
certaines terres au nord de l'Adriatique (Trentin, Istrie, Dalmatie).
21
février-18 décembre 1916 : bataille de Verdun
Le
général Erich von Falkenhayn entend "saigner l'armée française". Un
million d'obus pleuvent en 24 heures dans le secteur de Verdun (Meuse). Les
Allemands progressent, mais des poches de résistance se constituent dans
les lignes arrière françaises. Des hommes et du matériel sont acheminés en
masse grâce à la "Voie sacrée" qui relie Bar-le-Duc à Verdun. Ce terme emphatique,
référence à la "via sacra" romaine, est inventé par Maurice Barrès à
la fin de la guerre.La bataille de Verdun prend fin le 18 décembre, date à
laquelle la plupart des positions perdues ont été réinvesties par l’armée
française. Au total, 160 000
Français sont morts ou disparus, 143 000 chez les Allemands. Plus de 60
millions d'obus ont été tirés sur une période de dix mois dans "l'enfer de
Verdun".
1er juillet-18 novembre 1916 : bataille
de la Somme
Alors
même que l'Est de la France est sous un déluge de feu, une offensive
franco-britannique est lancée sur le front allemand de la Somme, au nord de
Paris. Des dizaines de milliers de Britanniques avancent dans le no man's
land. En l'espace d'une journée, l'infanterie britannique perd près de
20 000 soldats, un triste record pour cette armée.
Cette
bataille est la plus importante de la guerre. Pour la première fois de
l'histoire, des chars d’assaut (blindés) sont utilisés par des militaires (à
partir de septembre, du côté britannique). Les combats durent jusqu’en
novembre. Ils font environ 300 000 morts britanniques et français, et près
de 170 000 tués dans l'armée allemande.
6 avril
1917 : les Etats-Unis entrent en guerre
Après
ces revers, l'Allemagne ré-enclenche la guerre sous-marine à outrance dans
l'Atlantique, début février. Les attaques visent, entre autres, les navires
marchands américains. Dans son message au Congrès, début avril, le
président Wilson déclare : "La récente conduite du gouvernement
impérial allemand n'est, en fait, rien moins que la guerre contre le
gouvernement et le peuple des États-Unis." Le Congrès américain vote
l'entrée en guerre le 6 avril.
16 avril 1917 : bataille du chemin des
Dames et mutineries
Reportée
à plusieurs reprises, "l'offensive Nivelle" (du nom du général
qui dirige les opérations) a lieu à 6 heures du matin dans le secteur du chemin
des Dames (Aisne), par un temps glacial. C'est un échec sanglant. Après
une relance le 5 mai, le constat du fiasco est définitif trois jours plus tard.
Le 15 mai, Nivelle est remplacé par Pétain à la tête de l’armée française.
Des soldats britanniques patientent pendant la
bataille du chemin des Dames, en 1917 (date non précisée). (BERLINER VERLAG / ARCHIV / AFP)
Cette
défaite donne lieu aux premières mutineries dans l'armée française, dès le
17 avril. Des unités complètes, soit 30 000 à 40 000 soldats,
refusent de monter en ligne. Des dizaines de poilus sont alors fusillés.
Au total, environ 740 soldats français, mutins ou soupçonnés
d'espionnage, sont exécutés.
7 novembre
1917 : "révolution d'Octobre" en Russie
Une
révolution éclate en Russie le 24 octobre (selon l'ancien calendrier russe,
7 novembre selon le français) et les Bolchéviques prennent le pouvoir à
Saint-Pétersbourg. Ils négocient un armistice avec les empires centraux début
décembre. La France perd son allié oriental et l’Allemagne peut concentrer
ses forces sur le front ouest.
8 janvier
1918 : les 14 points du président Wilson
Le
président américain expose ses buts de guerre. Thomas Woodrow Wilson entend
notamment assurer la liberté de navigation sur les mers, garantir la naissance
de nouveaux Etats (Tchécoslovaquie, Pologne…) et créer une Société des nations
(SDN).
3 mars
1918 : traité de Brest-Litovsk entre l'Allemagne et la Russie
Après
la révolution d'Octobre, qui a donné naissance à une république bolchévique, la
Russie, en pleine guerre civile, signe un traité de paix avec l'Allemagne
à Brest-Litovsk (Biélorussie). Les Allemands en profitent pour concentrer
leurs ultimes efforts sur le front français. A ce titre, le 23 mars marque
le premier tir sur Paris de la "Grosse Bertha", mortier de 420 mm.
Juillet
1918 : seconde bataille de la Marne
En
Picardie, puis en Champagne, les Allemands cherchent à rompre le front avant
l’arrivée des troupes américaines et lancent plusieurs offensives. Au mois de
juillet débute ainsi la seconde bataille de la Marne. Les combats qui font
rage dans le Nord-Est de la France tournent à l'avantage des alliés, dirigés
par Foch, et qui lancent de nombreuses contre-offensives. L'aide
américaine est déterminante : l'effectif du corps expéditionnaire commandé
par le général Pershing s'éleve à un million d'hommes en août 1918. Les
Allemands ne cessent de perdre du terrain. Le 8 août est un "jour de
deuil pour l'armée allemande", selon le chef d'état-major Erich
Ludendorff.
11 novembre 1918 : signature de
l'armistice
L'empereur
allemand Guillaume II abdique le 9 novembre. Les généraux allemands signent
l'armistice le 11 novembre, à 6 heures du matin, dans la clairière de
Rethondes, en forêt de Compiègne (Oise). A 11 heures, les hostilités sont
suspendues.
28
juin 1919 : signature du traité de Versailles
Le
traité de paix entre la République de Weimar et les Alliés est signé le 28
juin, dans la galerie des Glaces du château de Versailles, près de Paris. Il
établit les sanctions prises à l'encontre de l'Allemagne et de ses alliés de la
Triple-Alliance.
Le choix du lieu n'est pas un hasard : c'est là que
l'empire allemand avait été proclamé après la défaite française de 1870. La date non plus n'est pas anodine, puisque le 28
juin commémore le jour de l'assassinat de l'archiduc François Ferdinand. Cinq
ans plus tard, la guerre est officiellement terminée.